| “ 14 juillet 2010 Allocution de Jean BOUTRY, Maire de Cran-Gevrier Le 14 juillet est le jour qui symbolise la République, le jour où nous fêtons notre unité nationale, ce jour anniversaire de la prise de la Bastille qui fit basculer l’Ancien Régime, qui mit fin à ses privilèges et ses féodalités, puis donna naissance à la République.Chaque 14 juillet, nous réaffirmons nos valeurs, liberté, égalité, fraternité. Les proclamer ne suffit évidemment pas, il faut se demander comment nous leur donnons sens aujourd’hui, comment nous les faisons vivre réellement. Nous savons qu’elles restent inaccomplies, qu’elles sont toujours à défendre, à construire.
On sent bien que les évolutions qui traversent notre société, les effets de la crise, un certain nombre d’évènements mettent à mal nos valeurs fondatrices. Un sondage réalisé au printemps pour l’association Lire la Politique montre d’ailleurs que la majorité des Français estiment que les valeurs républicaines sont en recul.
Quelques mots sur l’actualité tourmentée de ces dernières semaines, puisque, au fond, elle met en question ces principes.Celle-ci doit à mon sens nous conduire à dire,
et re-dire, que la démocratie a besoin de ses précieux contre pouvoirs que sont la presse, une presse libre, un journalisme d’inves-tigation, et d’une justice indépendante du pouvoir politique.
La République a besoin de l’exemplarité de ceux qui la représentent, la République a besoin d’un Etat impartial, garant de la séparation des pouvoirs et de l’unité nationale. Sinon, c’est la confiance dans notre édifice démocratique qui est ébranlée, c’est la démocratie et la République qui sont fragilisées, avec le risque de la montée des populistes, celles et ceux qui ont des solutions toutes faites…en général autoritaires, liberticides, anti-impôts et anti-solidarité, et donc très dangereuses… Les valeurs républicaines doivent rester nos repères si nous voulons une société plus juste, plus unie, plus pacifique.
La liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté d’aller et de venir sont loin d’être acquises dans bien des parties du monde, même si la démocratie tend globalement à progresser…Dans notre société, la liberté est notamment questionnée, heurtée par la montée de l’individualisme. Il nous faut toujours dire comment elle s’exerce dans la République : elle ne saurait être une liberté individuelle sans limite, au risque de mettre en cause celle des autres. Il n’y a pas de liberté sans responsabilité, pas de liberté sans le respect des autres, sans le respect de leur propre liberté.
L’égalité, quel sens donner aujourd’hui à cette recherche d’une société juste, d’une société dont les membres aient accès aux mêmes droits, aux mêmes chances ?
La crise que nous vivons montre combien notre système s’est éloigné de la recherche de l’égalité, en acceptant que l’économie soit subordonnée à la recherche de l’enrichissement sans limite, du profit de court terme. La valeur de l’égalité a été supplantée par la valorisation de la réussite individuelle et, au fond, par conséquent, par la promotion de l’inégalité. Au cours des sept dernières années, les 0,01% de Français les plus riches ont vu leur revenu croître dix fois plus vite que celui du reste de la population. Le nombre de laissés pour compte ne cesse d’augmenter. En 2007, 4,2 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté, soit moins de 757 € par mois.
| Plus notre société laisse se creuser les inégalités, plus elle s’éloigne de la République, plus la cohésion sociale, plus l’unité nationale s’affaiblissent. Nous avons plus que jamais besoin d’un Etat régulateur de l’économie, nous avons besoin de politiques hardies pour l’accès de tous à l’éducation et la formation, à la santé, à la protection sociale, au logement, nous avons besoin de services publics forts et de politiques fiscales qui réduisent les écarts de revenu disponible. |
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La 3ème valeur de la République, la fraternité, nous invite à bien vivre ensemble, quelles que soient nos origines, en s’ouvrant aux autres, en recherchant ce que nous avons en commun plutôt que ce qui peut nous différencier. Elle nous invite à refuser les enfermements communautaires.
La ville est un bon terrain pour mobiliser les consciences, encourager l’altruisme et la citoyenneté. Les occasions de rencontre sont nombreuses, vie associative, fêtes de rue, d’immeuble, de quartier, évènements culturels, sportifs, citoyens, forums de quartier. J’invite tous les cran-gevriens à y participer, à exprimer leur désir de bien vivre ensemble.
Je vous invite à exprimer aujourd’hui que nous voulons plus
que jamais faire vivre la République ! ”
Jean Boutry |